La Sarthe et les livrets ouvriers sous la troisième République

Livret sartheEn 1803, un arrêté de l’empereur Napoléon Ier rend obligatoire pour tout ouvrier la détention d’un livret spécial. Dorénavant, nul ne pourra se faire embaucher s’il ne présente pas ce fameux livret ouvrier ; et pour changer d’emploi, il faut faire signer ledit livret par son patron, quand bien même on s’en sépare à la suite d’un désaccord ! Et si d’aventure l’ouvrier circule sans livret sur le territoire, il est assimilé à un vagabond et risque la détention. Malheur donc à l’ouvrier indocile…

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Janvier 1917 : les voeux pacifistes des époux Bouët

Famille Bouët

Louis et Gabrielle Bouët figurent parmi les pionniers du syndicalisme enseignant. En 1905, ils participèrent à la création du Syndicat des instituteurs et institutrices laïques du Maine-et-Loire, à une époque où les fonctionnaires n’avaient pas le droit de se syndiquer, et à celle de la Fédération nationale des syndicats d’instituteurs (FNSI) où ils jouèrent à plusieurs reprises un rôle déterminant.

Ils furent de ceux qui, en 1914, refusèrent de se rallier à l’Union sacrée et contribuèrent l’année suivante à faire adopter par la FNSI une orientation résolument pacifiste à laquelle elle devait rester fidèle pendant tout le conflit. En janvier 1917, ils adressèrent le texte suivant à leurs camarades syndiqué(e)s :
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Laval : des travailleurs à l’université

UPLavalloiseLe 15 décembre 1901, dans la salle des fêtes bondée de l’Hôtel de ville de Laval, retentit La Marseillaise, exécutée avec brio par la Lyre lavalloise. Ouvriers, employés, instituteurs, «bourgeois» et syndicalistes, tous se lèvent dans une même émotion, une même communion républicaine. Ainsi s’ouvre la séance inaugurale de l’Université populaire (UP), deuxième association créée dans cette ville au titre de la loi de 1901. Lire la suite

Faymoreau-Les- Mines, une Babel ouvrière

Faymoreau Mineurs 1

Le 12 juillet 1945, un coup de grisou secoue Faymoreau, modeste commune du sud-Vendée dont la notoriété doit beaucoup à la découverte dans les années 1820 d’un sous-sol riche en charbon. Huit corps sans vie sont extirpés du puits. Ils ont pour noms : Walter Ameck, Johann Jay, Karl Mizgalski, Walter Turk, Henri Petit, Bautista Puente, Venceslas Sirek et Stanislas Skrypezyk. Ils sont Allemands (prisonniers de guerre), Français, Espagnol, Polonais… et gueules noires. Lire la suite

1910, « La machine tue le bras ! »

Grévistes Textile choletais 1910Dans les années 1810, de l’autre côté de la Manche, des tisserands anglais brisaient les machines à tisser qui, d’artisans, les transformaient en chômeurs ou en prolétaires ; seule la répression vînt à bout de ces luddites. Un siècle plus tard, de septembre à décembre 1910, dans le Choletais, ce sont les tisserands à la main, les tisseurs et ouvrières à domicile ou en usines sur les bords de Sèvre, Maine-et-Loire et Vendée qui s’organisent pour lutter contre la dégradation de leurs conditions de travail.

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