Les cheminots de l’Ouest et les économats avant 1914

sc-1327_cc9-n7

Dès le second-Empire (1851), les grandes compagnies de chemin de fer favorisent la fondation dans les gares et centres ferroviaires de coopératives de consommation, qui ne sont en fait que des économats, autrement dit des magasins gérés par les directions.

Ces économats bénéficient de tarif de transport de faveur et de locaux loués à très bas prix, et d’un personnel bien souvent rémunéré par les compagnies. On en dénombre deux à Nantes et Angers, deux dans la Sarthe et une dernière en Vendée, à La Roche-sur-Yon.

À Angers, en 1888, la société civile de boulangerie des employés des chemins de fer compte près de 750 sociétaires. Elle va étendre son activité à l’habillement, la chaussure, les combustibles et les fourrages. À la fin du dix-neuvième siècle, à Château-du-Loir (Sarthe), s’organise la Société coopérative des agents des chemins de fer. Son rôle : ravitailler les cheminots en résidence dans cette ville et les environs. Au Mans et à la Roche-sur-Yon, ces coopératives sont destinées à la fois au personnel des chemins de fer et à ceux des compagnies de tramways. La coopérative de la gare d’Angers est au centre d’un système de répartition des marchandises. Des comités se chargent des commandes et de la distribution des marchandises aux cheminots. Selon les lignes de chemin de fer, la distribution et l’encaissement se font par des trésoriers des sections à Thouars, Saumur, Sablé, La Flèche et La Possonnière. La coopérative ferroviaire bénéficie aussi bien aux actifs qu’aux retraités, ainsi qu’à leurs familles.

sc-1330_cc12-n21

Les syndicats de cheminots lutteront contre ces économats, reprochant aux compagnies de fournir des marchandises à bas prix au lieu d’augmenter les salaires. En 1910, René Viviani, ministre du Travail et de la Prévoyance sociale, fait voter une loi qui supprime les économats des compagnies privées et interdit aux employeurs de vendre des marchandises à leur personnel. Mais cette loi ne s’appliquera pas aux économats placés sous le contrôle de l’État. Ceux-ci pourront continuer leurs activités si le personnel n’est pas obligé de s’y fournir, si la vente des marchandises ne rapporte à l’employeur aucun bénéfice et si la gestion est confiée à une commission composée, pour un tiers au moins, de délégués élus par les ouvriers et employés de réseau.

Robert Gautier

Sources : Archives départementales du Maine-et-Loire, Sarthe et Vendée.

Iconographie (Archives CHT, coll. Louët) : L’économat de la gare du Mans au début du  vingtième siècle ; Plan de l’économat de la cité du Maroc (Le Mans), sans date.

Publicités

Un commentaire sur “Les cheminots de l’Ouest et les économats avant 1914

  1. MOREL dit :

    Il faut savoir que dans les économats SNCF, les achats sont prélevés sur le salaire directement. Certains cheminots y dépensent allègrement et la famille se trouve avec une fiche de paie très « entamée » en fin de mois !
    Dans ce grand paternalisme, les loyers, les écoles, les services sociaux, l’alimentation, etc. sont directement pris à la source. L’argent « tourne en circuit fermé »…
    Patrice Morel, fils, petit fils de cheminot et cheminot… retraité;

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s