Les Métay, instituteurs et militants

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Sur tous les fronts ! C’est bien ce qui caractérise Louis (1892-1978) et Louise (1896-1958) Métay qui firent, après leur passage à l’École normale de La Roche-sur-Yon et leur mariage en 1918, toute leur carrière en Vendée jusqu’à leur retraite en 1951.

Tous deux s’engagent dès le milieu des années 1920 dans le Syndicat national des instituteurs et à la CGT. Élu au conseil départemental, rédacteur du Bulletin du SNI, membre de la commission administrative de l’UD CGT à partir de 1928, Louis est le secrétaire général du SNI départemental de 1933 à 1946. Il joue notamment un rôle important dans le processus d’unité syndicale acquis fin 1935 en Vendée. Tous deux sont actifs lors du Front populaire, conscients du rôle des instituteurs en matière d’éducation populaire et militante. Grévistes le 30 novembre 1938, le couple est déplacé, sanctionné comme une trentaine d’instituteurs vendéens.

Dès le début des années 1920, Louise assure une tribune féministe dans le Bulletin du SNI, combinant féminisme et idéal laïque, défendant le principe « À travail égal, salaire égal. Trésorière fédérale adjointe de la Fédération féministe universitaire, elle y défend avec ardeur le suffrage des femmes.

Socialistes convaincus, ils participent, ensemble ou séparément au congrès national SFIO de 1927, et aux congrès fédéraux à partir de cette même année. Louise, membre de la section de La Roche-sur-Yon depuis 1925, entre dans les instances fédérales en 1929, et est citée comme propagandiste de la SFIO vendéenne en 1932.

En 1934, le couple participe à de nombreuses manifestations, aux comités antifascistes des années 1935-1936, prenant cependant quelque distance avec le Front populaire, notamment sur la question de la défense laïque et de l’école en Vendée. Ils sont par ailleurs membres de la Ligue des Droits de l’Homme, Louise assumant la vice-présidence de la fédération de Vendée en 1934. On les retrouve enfin dans les rangs de la franc-maçonnerie du département : Louis est révoqué en octobre 1941 pour appartenance au Grand Orient de France, tandis que Louise est la première femme à intégrer une loge, La Fraternité vendéenne, loge mixte du Droit humain.

Durant la guerre, pour échapper à la répression, Louis gagne la Haute-Savoie (1943) où il côtoie le maquis, alors que Louise, « gaulliste dangereuse » ne peut le rejoindre qu’en 1944. Ce n’est qu’en novembre de cette même année qu’ils peuvent rentrer en Vendée et y retrouver la quiétude (toute relative) de leurs classes…

Florence Regourd (CDHMOT de Vendée)

Sources : Bulletin du SNI de Vendée ; compte-rendu de congrès SFIO ; Fonds PS du CDHMOT-DBMOMS (Maitron) ; Archives départementales de Vendée ; Mémoire syndicale. Instituteurs en Vendée, CDHMOT, 1989.

Iconographie : Louis (deuxième rang, 4e en partant de la gauche) et Louise (premier rang) lors du congrès fédéral SFIO de Vendée en 1927 (Archives CDHMOT, Fonds PS).

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