Pierre et Yvette Poudat, deux vies pour un même combat : mettre fin au mal-logement

Depuis la Libération, les gouvernements peinent à résoudre la sévère crise du logement frappant l’hexagone. La Loire-Atlantique, notamment Nantes et Saint-Nazaire qui ont été lourdement bombardées, n’est pas la mieux lotie : ici, insuffisance de logements libres et expansion démographique se conjuguent pour rendre la situation pénible pour beaucoup.

Portrait Poudat

Né en 1913, ouvrier à l’usine des Batignolles et militant CFTC, Pierre Poudat (1913-2009) rejoint l’Equipe nantaise d’aide pour le logement d’urgence (ENAPLU) en 1955, inspirée par le combat lancé quelques mois plus tôt par l’Abbé Pierre ou encore le Nantais Yvon Gouguenheim.

A Nantes, les premiers baraquements d’urgence sortent de terre au Plessis-Gautron en décembre 1954. Ce sont des « cités relais », autrement dit des constructions provisoires devant abriter des familles en attente de « vrais » logements. On en trouve également sur le cours Saint-André ou au Chêne-des-Anglais.

Logements d'urgenceMais face à la masse des familles à aider, des opérations de squattage d’anciens baraquements militaires ont lieu (l’une donnera lieu à la signature d’une convention avec l’Armée de l’Air pour le terrain de Château-Bougon de la Ville-au-Denis, à Bouguenais), ainsi que dans des immeubles résidentiels privés. Ces dernières actions valent à Yvon Gouguenheim  d’être condamné par le tribunal correctionnel de Nantes. A la suite de ce procès, c’est Pierre Poudat qui prend la tête de l’ENAPLU qui se rebaptise Equipe nantaise d’action avec les sans-logis et les mal-logés.

Dans ces baraquements sans confort, les familles sont entassées dans de toutes petites surfaces, et Pierre Poudat n’a de cesse de dénoncer leurs conditions de vie et la façon inhumaine dont ils sont traités par les propriétaires : certains, pour les inciter à partir, privent d’eau et d’électricité certaines familles et ce, en pleine période hivernale…

Durant plus de trois décennies, à la tête de l’Association nantaise d’action pour le logement (ANAPL), puis de la Confédération générale du logement et de son union départementale (Pierre Poudat en sera le président jusqu’en 1989), le couple Poudat va se battre en faveur des foyers défavorisés, s’investir dans la construction de logements sociaux (HLM), la lutte contre les malfaçons, les hausses de loyer autoritaires ou les litiges entre propriétaires et locataires. Leur objectif sera inlassablement le même : aider les familles à être autonomes et à se reconstruire psychologiquement ; car, sans logement stable, comment se projeter avec sérénité dans l’avenir ?

Contribution de Orlane Lagache. Etudiante en M1 – Métiers des archives (Université d’Angers), Orlane Lagache effectue en ce mois de décembre 2017 un stage au Centre d’histoire du travail. Elle y classe les archives de Pierre Poudat. Les documents reproduits ci-dessus (portrait de Pierre Poudat en 1995 ; article sur la Ville-au-Denis, fin des années 1960) en sont issus. 

 

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