Belligné, 1974 : sauvons Les Tricotages !

Belligné, une commune rurale du pays d’Ancenis forte de 1500 âmes, accueille en octobre 1972 une usine de confection de tee-shirts : les Tricotages de Belligné. L’avenir de la commune sera-t-il industriel ? Rien n’est moins sûr…

L’usine est une petite entreprise : soixante personnes travaillent sur le site de Belligné même. Deux autres ateliers lui sont rattachés : celui de Maumusson emploie une quinzaine de travailleurs et travailleuses, celui de La Cornouaille en accueille une trentaine.

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L’euphorie est de courte durée. Après un an d’activité, le site de Belligné est mis en chômage technique à la Noël 1973 suite à une insuffisance d’approvisionnement en coton, puis le travail reprend au ralenti en janvier 1974 avec des demi-journées de chômage à La Cornouaille. Raison invoquée, le manque de coton et de tissus en général, mais il apparaît bien vite que les difficultés sont d’ordre financier : d’ailleurs le bilan est déposé dès le 16 janvier et les salariés reçoivent leur lettre de licenciement au début du mois suivant.
Stupeur pour les salariés : comment peut-on fermer une usine dont le carnet de commande est plein pour les huit prochains mois ?

Stupeur, mais aussi abattement : la crise est là et beaucoup misaient sur cette industrialisation naissante pour continuer à vivre et travailler sur un territoire largement agricole.

Tricotages Belligné 1Afin d’interpeller les pouvoirs publics et de faire connaître l’affaire au plus grand nombre, la décision est prise lors d’une assemblée générale du personnel rassemblant une centaine de personnes à la mairie de Belligné, d’une action pour le vendredi 22 février.

À l’appel des unions CFDT et CGT d’Ancenis et de l’Union cantonale des syndicats agricoles de Varades, les travailleurs et travailleuses de la région, notamment les paysans très impliqués dans l’action, apportent leur soutien au personnel des Tricotages. Près de deux cents personnes se rassemblent à Ancenis devant les locaux de la CANA (Coopérative agricole de La Noëlle-Ancenis), bloquent la circulation, et déposent une motion à la sous-préfecture d’Ancenis pour dénoncer la gravité de la situation du marché du travail dans le canton et l’inertie des pouvoirs publics.
Finalement, l’entreprise est reprise par les établissements Boussier-Arnaud et Fils, une importante entreprise de bonneterie qui emploie 540 personnes sur son site d’Ancenis. Mi-avril 1974, les activités redémarrent dans les ateliers de Belligné, mais seule une soixantaine d’anciens salariés sont repris sur la centaine de licenciés…

Sources : Fonds d’archives UD CFDT et UD CGT de Loire-Atlantique.

 

 

 

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