Roger Pantais, un anarchiste angevin

Chez les Pantais, l’engagement était une affaire de famille : Daniel, le mécano, était investi dans le syndicat CGT des métaux ; Alexandre, le libertaire pacifiste, fut interné administratif lors de la déclaration de guerre en 1940 ; Raymond, l’anarchiste, franchit les Pyrénées en 1936 et faillit être fusillé par les « staliniens » ; deux des sœurs, Hélène et Jeanne, étaient également militantes anarchistes… et épouses d’anarchistes ! Mais ce sont les pas de Roger (1914-1997) que nous vous proposons d’emprunter…

pantais_roger_1936Né en 1914 à Angers, Roger Pantais, mécanicien automobile de formation, rejoint à l’adolescence les Jeunesses socialistes et la Ligue internationale des combattants de la paix, tout en s’investissant, avec Daniel, à la CGT… et à la CGT-Syndicaliste-révolutionnaire, organisation de quelques milliers d’adhérents dont une poignée active à Trélazé. A 20 ans, une conférence d’Aristide Lapeyre le convertit définitivement à l’anarchisme et le fait adhérer en 1936 à la toute nouvelle Fédération anarchiste française.

Dès le début de la guerre d’Espagne, il franchit les Pyrénées et organise avec Raymond et Hélène l’arrivée régulière de camions de ravitaillement. On le suspecte même d’être impliqué dans un vol d’armes (mitrailleuses, mousquetons et pistolets) à l’école de cavalerie de Saumur, armes qui seront retrouvées lors d’une perquisition au siège du Comité Espagne libre à Paris. Il revient définitivement à Angers en mai 1937, très éprouvé par les événements de Barcelone au cours desquels les conflits internes au camp anti-franquiste ont pris un tour tragique. Désabusé, il songe un temps à abandonner tout militantisme mais une conférence de Sébastien Faure, presque octogénaire mais toujours fougueux, lui remet le pied à l’étrier. Il participe ainsi à la création du mouvement des Auberges de jeunesse et, en septembre 1939, distribue le tract « Paix immédiate » de son ami Louis Lecoin. Durant l’Occupation, sans lien avec la Résistance, il cache des anarchistes espagnols réfugiés en France, leur fournit des faux papiers…

pantais_roger_en_espagneA la Libération, Roger Pantais participe activement à la création de la Fédération anarchiste. Il défend la « synthèse » (qui prône l’alliance de toutes les tendances), contre les « plateformistes » qui veulent en évincer les individualistes. Il quitte l’organisation en 1969 après s’être pris de bec avec de jeunes militants lui reprochant d’être un « petit patron » ; au chômage de retour d’Espagne, il avait monté un garage automobile avec ses frères…

Cet épisode l’éloigne du mouvement anarchiste mais pas de l’engagement libertaire puisqu’on le retrouvera, septuagénaire, à la tête de la Libre Pensée du Maine-et-Loire !

Roger Pantais s’éteint en 1997, laissant seule son épouse, Jeanne (née Garandel), militante anarchiste et libre penseuse que ses récits d’Espagne avaient fascinée au point de l’épouser en juin 1940.

 

Sources : notice biographique réalisée par René Bianco et Guillaume Davranche pour le compte du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier ; notice biographique présente sur le site Mouvement révolutionnaire angevin (https://revolutionnairesangevins.wordpress.com/dictionnaire/p/pantais-roger-francis/)

Iconographie : portrait de Roger Pantais ; Roger Pantais, en Espagne, en compagnie de sa soeur, Jeannette, et de Raymond Patoux, anarchiste et futur premier secrétaire général de la CGT-FO du Maine-et-Loire (1948-1956).

 

 

 

 

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