Le regard d’Hélène

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Hélène Cayeux (1946-2017) n’est plus. En ce mois de septembre 2017, cette photographe de presse aimée de tous et saluée pour son talent a tiré sa révérence.

 

En 1974, elle avait quitté ce Paris populaire qu’elle aimait tant pour la Loire-Atlantique. Elle y découvrit la ferveur des gradins du stade Marcel-Saupin et se prit d’amour pour les abonnés au labeur industriel, les métallos bien sûr, incarnation de la classe ouvrière locale, si prompts à débrayer et à courir les rues, mais aussi ces femmes œuvrant à la chaîne dans les biscuiteries ou les PME du textile, nombreuses en Pays-de-la-Loire.

Hélène, si discrète, avait l’oeil. Elle savait saisir l’instant, le geste, le regard pour faire de ses photos, bien plus qu’un cliché, bien plus qu’une illustration. Elle témoignait de la réalité sociale du moment, et rendait hommage, avec tendresse, au peuple ouvrier.

Il nous revient de lui rendre à notre tour hommage en publiant sept de ses photographies, en attendant la sortie imminente d’un livre que nous lui consacrons.

 

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Entreprise Turpault (Cholet, 1985)

 

EP_1772_Cayeux_Bl-038(n°10)
Entreprise Pindière (Sèvremoine, 1985)

 

EP_2142_Cayeux-Bl049(n°16)
Aérospatiale Saint-Nazaire, 1988

 

EP_2143_Cayeux-Bl051(n°12)   Saunier Duval (Nantes, 1988)

 

EP_2101_Cayeux-Bg014(n°0A)   Pêcheurs de l’Ile d’Yeu (sans date)

 

EP_1766_Cayeux_Bl-025(n°2A)
Dactylocodeuses de l’INSEE (Nantes, 1981)

 

EP_1760_Cayeux_Bl-21(n°13A) Conflit dit des « mains coupés ». Usine Guillouard (Nantes, 1980)

 

 

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Janvier 1917 : les voeux pacifistes des époux Bouët

Famille Bouët

Louis et Gabrielle Bouët figurent parmi les pionniers du syndicalisme enseignant. En 1905, ils participèrent à la création du Syndicat des instituteurs et institutrices laïques du Maine-et-Loire, à une époque où les fonctionnaires n’avaient pas le droit de se syndiquer, et à celle de la Fédération nationale des syndicats d’instituteurs (FNSI) où ils jouèrent à plusieurs reprises un rôle déterminant.

Ils furent de ceux qui, en 1914, refusèrent de se rallier à l’Union sacrée et contribuèrent l’année suivante à faire adopter par la FNSI une orientation résolument pacifiste à laquelle elle devait rester fidèle pendant tout le conflit. En janvier 1917, ils adressèrent le texte suivant à leurs camarades syndiqué(e)s :
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1910, « La machine tue le bras ! »

Grévistes Textile choletais 1910Dans les années 1810, de l’autre côté de la Manche, des tisserands anglais brisaient les machines à tisser qui, d’artisans, les transformaient en chômeurs ou en prolétaires ; seule la répression vînt à bout de ces luddites. Un siècle plus tard, de septembre à décembre 1910, dans le Choletais, ce sont les tisserands à la main, les tisseurs et ouvrières à domicile ou en usines sur les bords de Sèvre, Maine-et-Loire et Vendée qui s’organisent pour lutter contre la dégradation de leurs conditions de travail.

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Bahonneau et Ménard, deux meneurs trélazéens

bahonneau-menard

En mars 1902, le syndicat des ardoisiers de Trélazé demande son inscription à la Bourse du travail d’Angers. Cette affiliation est le fruit du travail de deux compères trélazéens, André Bahonneau (1848-1918) et Ludovic Ménard (1855-1935), qui oeuvrent depuis 1880 à l’organisation des perreyeux. Ils sont appelés à jouer un grand rôle dans la vie syndicale angevine… Lire la suite